Les troubles musculosquelettiques représentent plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues au régime général, avec environ 40 000 cas indemnisés chaque année au titre du seul tableau 57 (INRS, données 2021). Le travail sur écran n’est pas le premier secteur touché, mais il y figure. Et contrairement à une idée répandue, ce n’est pas la chaise qui règle la question.
| Élément à régler | Repère concret | Ce que ça évite |
|---|---|---|
| Hauteur du siège | Avant-bras à l’horizontale sur le plan de travail, épaules relâchées | Tension des trapèzes et des épaules |
| Appui des pieds | Pieds à plat, sinon repose-pieds | Compression sous les cuisses, jambes lourdes |
| Hauteur de l’écran | Regard légèrement plongeant vers le haut de l’écran | Nuque en extension, maux de tête de fin de journée |
| Position de l’écran | Perpendiculaire aux fenêtres, jamais face ou dos à la lumière | Reflets, éblouissement, fatigue visuelle |
| Souris et clavier | Coudes près du corps, poignets dans l’axe de l’avant-bras | Sollicitation du poignet et de l’épaule |
Ce que l’écran fatigue réellement
Les risques que l’INRS documente pour le travail sur écran sont au nombre de trois, auxquels s’ajoutent les effets de la position assise prolongée. Les troubles musculosquelettiques d’abord, qui touchent surtout la nuque, les épaules et les poignets. La fatigue visuelle ensuite. Le stress enfin, souvent lié à l’organisation du travail plus qu’au matériel lui-même. La sédentarité, elle, agit à plus long terme.
Cette liste mérite d’être connue, parce qu’elle déplace le problème. Beaucoup de gens cherchent le fauteuil idéal alors que leur inconfort vient d’un écran trop bas, d’une fenêtre mal placée ou d’une journée entière passée sur le même dossier sans jamais se lever.
Les quatre réglages qui changent une journée
- Le siège se règle sur le clavier, pas sur la table : avant-bras à l’horizontale.
- L’écran se règle sur les yeux, avec un regard légèrement plongeant.
- La lumière du jour arrive de côté, jamais dans l’axe du regard ni derrière l’écran.
- Le corps change de position toutes les heures environ, même brièvement.
Les pauses : ce que dit le Code du travail, et ce qu’il ne dit pas
Le Code du travail encadre le travail sur écran aux articles R4542-1 à R4542-19. L’article R4542-4 impose à l’employeur d’organiser l’activité « de telle sorte que son temps quotidien de travail sur écran soit périodiquement interrompu par des pauses ou par des changements d’activité réduisant la charge de travail sur écran ».
Le texte ne fixe aucune durée ni aucune fréquence chiffrée. C’est une source de malentendus fréquents : la règle des « cinq minutes toutes les heures » circule beaucoup, elle ne figure dans aucun texte. Ce qui compte, c’est l’alternance réelle des tâches, qu’elle prenne la forme d’une pause ou d’un travail sans écran.
Trois autres obligations méritent d’être connues, notamment quand on prend un nouveau poste : l’évaluation des risques du poste de travail, la formation à l’utilisation de l’écran avant la première affectation, et le suivi médical de la vue avec prise en charge d’une correction spéciale si elle s’avère nécessaire pour ce travail.
Ce que je fais, moi, entre deux dossiers
Je passe mes journées à lire des CV et à préparer des entretiens, donc devant un écran. Ce qui a changé ma fin de journée n’a rien coûté : j’ai remonté l’écran sur deux annuaires posés à plat, et j’ai déplacé le bureau pour que la fenêtre arrive sur le côté et non dans mon dos, où elle se reflétait en permanence.
La deuxième habitude tient à l’organisation plutôt qu’au matériel : je passe mes appels debout. Ça ne relève d’aucune recommandation officielle, c’est simplement le seul moment de la journée où je change de position sans y penser. Le principe vaut pour n’importe quel métier de bureau : trouver la tâche qui ne nécessite pas l’écran et la faire autrement.
Un télétravailleur est-il concerné par ces obligations ?
Les règles de prévention du travail sur écran s’appliquent au travail, pas au seul bureau de l’entreprise. En pratique, l’employeur reste tenu d’évaluer les risques et d’informer le salarié, mais l’aménagement du domicile relève d’un dialogue avec lui. Une table de cuisine et une chaise droite ne constituent pas un poste de travail durable.
Un écran d’ordinateur portable suffit-il en usage quotidien ?
Il pose un problème structurel : l’écran et le clavier étant solidaires, régler l’un dérègle l’autre. Sur un usage quotidien, un support surélevant le portable associé à un clavier et une souris séparés résout la contradiction pour un coût réduit.
Faut-il un siège ergonomique coûteux ?
Le prix ne fait pas le réglage. Un siège réglable en hauteur, avec un dossier soutenant le bas du dos et des accoudoirs qui ne gênent pas l’approche du plan de travail, suffit dans la plupart des situations de bureau.
Cet article donne une information générale d’organisation du poste de travail. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé ni celui du service de prévention et de santé au travail : une douleur qui s’installe ou qui persiste doit être signalée à un médecin. Sources : INRS, travail sur écran et statistiques des TMS (données 2021) ; Code du travail, articles R4542-1 à R4542-19, dont R4542-4. Article publié initialement en 2016, entièrement mis à jour le 17 août 2026.
Le versant humain de la vie de bureau
Le stress fait partie des risques identifiés du travail sur écran, et il relève d’un autre champ que l’ergonomie du poste.

