Les erreurs d’orthographe et de grammaire à éviter absolument dans une candidature

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Lettre de motivation & CV

La faute qui a le plus coûté à un candidat, dans mon cabinet, n’était pas une faute d’orthographe au sens où on l’entend. Il avait écrit le nom de l’entreprise avec un « s » de trop, et l’avait répété trois fois. Aucun correcteur automatique ne l’a signalé, parce que du point de vue de la machine, tout était juste.

Réponse directe : les fautes ne se valent pas. Celles qui éliminent une candidature sont presque toujours celles qu’un correcteur ne peut pas voir : le nom de l’entreprise, celui du recruteur, l’intitulé du poste, et les homophones grammaticalement corrects. Une relecture efficace cherche donc ces erreurs-là en premier, avant de traquer les accents.

En bref

  • Un nom propre mal orthographié pèse plus lourd qu’une dizaine de fautes d’accord.
  • Le correcteur automatique valide sans broncher « ces » à la place de « ses » ou « quand » à la place de « quant ».
  • La faute la plus fréquente en candidature multiple reste le nom de l’entreprise précédente, oublié dans le texte.
  • Relire à rebours, phrase par phrase en partant de la fin, casse l’effet d’anticipation de la lecture.

Toutes les fautes ne coûtent pas la même chose

La première décision à prendre avant de relire, c’est de savoir ce qu’on cherche en priorité. Une lettre parfaite sur le plan grammatical mais adressée à « Madame Dupond » quand la personne s’appelle Dupont produit un effet bien pire qu’un accord de participe passé raté au milieu du deuxième paragraphe. Le premier signale que le dossier n’a pas été relu, le second qu’il a été écrit vite.

Niveau Type d’erreur Ce que le recruteur en conclut
Rédhibitoire Nom de l’entreprise, nom du destinataire, intitulé du poste Le dossier n’a été relu par personne, moi compris
Rédhibitoire Nom d’une autre entreprise resté dans le texte La lettre est un modèle recyclé, la motivation aussi
Pénalisante Accords en série, conjugaison fautive, homophones Une écriture peu sûre, à vérifier si le poste écrit
Secondaire Une coquille isolée, un accent manquant Presque rien, si le reste tient
Invisible Une virgule discutable, un pluriel d’usage flottant Rien du tout

Cette hiérarchie a une conséquence pratique : si vous n’avez que cinq minutes avant d’envoyer, ne relisez pas la lettre entière. Vérifiez les noms propres, l’intitulé du poste et la date. C’est là que se joue l’essentiel du risque.

Les fautes que le correcteur ne peut pas voir

Un correcteur automatique compare des mots à un dictionnaire et applique des règles d’accord. Il est aveugle à tout ce qui est correct en soi mais faux dans le contexte, et c’est précisément la catégorie la plus fréquente dans les candidatures.

Les homophones grammaticalement valides

« Ces » et « ses », « quand » et « quant », « quelque » et « quel que », « leur » et « leurs », « peu » et « peut » : les deux orthographes existent, donc rien n’est signalé. La méthode de contrôle reste la substitution mentale. Si « ses » peut être remplacé par « les siens », il est juste ; si « quant » peut être remplacé par « en ce qui concerne », il l’est aussi. Deux secondes par occurrence, et le doute est levé.

Les accords que la machine tranche mal

Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde avec le complément d’objet direct quand celui-ci est placé avant le verbe : « les dossiers que j’ai traités ». Beaucoup de correcteurs laissent passer l’erreur dès que la phrase s’allonge, parce qu’ils perdent le lien entre les deux éléments. C’est aussi le cas des accords à distance, quand le sujet est séparé de son verbe par une incise.

Les restes de la candidature précédente

C’est la faute la plus commune dès qu’on postule à plusieurs offres dans la même semaine, et de loin la plus destructrice. Le nom de l’entreprise d’avant subsiste dans un paragraphe, l’intitulé du poste précédent revient au milieu de la lettre, la date n’a pas été changée. Rien n’est fautif au sens grammatical, tout est faux. Un contrôle systématique par la fonction de recherche du traitement de texte, sur le nom de la société visée, règle la question en dix secondes.

Une lettre sans faute mais adressée au mauvais nom ne vaut pas mieux qu’une lettre fautive. Elle vaut moins.

Ce que la faute dit vraiment, selon le poste visé

Le niveau d’exigence n’est pas uniforme, et je préfère le dire clairement plutôt que d’entretenir une angoisse générale. Sur un poste d’assistanat de direction, de rédaction, de communication ou de secrétariat juridique, l’écrit fait partie du travail : la moindre faute est lue comme un échantillon de la production à venir. Sur un poste technique ou manuel, un recruteur raisonnable accorde beaucoup moins de poids à une coquille isolée.

Ce qui reste universel, en revanche, c’est le soin apporté aux éléments qui identifient le destinataire. Personne n’a jamais reproché à un candidat une virgule mal placée, alors que l’oubli du bon nom d’entreprise se commente encore le lendemain en réunion. Cette part-là du travail ne dépend d’aucun niveau d’orthographe : elle dépend uniquement du temps qu’on accepte d’y passer.

Relire à rebours, et deux autres gestes qui marchent

Relire son propre texte est difficile pour une raison mécanique : on lit ce qu’on a voulu écrire, pas ce qui est écrit. Trois gestes cassent cette anticipation, et je les fais appliquer dans cet ordre.

  1. Laisser reposer. Une nuit si le calendrier le permet, deux heures au minimum. Une lettre relue dans la foulée de sa rédaction ne se relit pas vraiment.
  2. Relire à rebours, en partant de la dernière phrase et en remontant. Privée de sa logique narrative, chaque phrase se lit pour elle-même, et les coquilles remontent à la surface.
  3. Lire à voix haute. C’est le meilleur détecteur de phrases alambiquées, de répétitions et d’accords sonnant faux. Si vous manquez d’air avant la fin d’une phrase, elle est trop longue.

Un quatrième geste reste imbattable : faire relire par quelqu’un d’autre. Une personne qui n’a pas écrit le texte repère en trois minutes ce que vous ne verrez jamais. Et si la lettre est trop longue pour tenir l’attention d’un relecteur bénévole, le problème n’est plus l’orthographe : c’est sa longueur, sujet que je traite dans les éléments indispensables d’une lettre de motivation.

Quand le problème est de fond, pas de relecture

Certains candidats savent que leur niveau d’écrit les pénalise réellement, et aucun protocole de relecture ne compense un doute permanent. Dans ce cas, l’entraînement régulier fonctionne mieux que la correction ponctuelle. Le Projet Voltaire propose des modules d’entraînement en ligne et une certification, le Certificat Voltaire, qui mesure le niveau en orthographe et en expression et se passe à distance ou dans un centre agréé.

Cette certification est mobilisable via le compte personnel de formation, sous réserve de vérifier l’éligibilité de l’offre exacte sur moncompteformation.gouv.fr : le catalogue évolue et l’organisme doit être certifié Qualiopi. À noter, la participation forfaitaire laissée à la charge du titulaire est passée à 150 € par formation pour les inscriptions à compter du 2 avril 2026, en application du décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, les demandeurs d’emploi restant exonérés.

Dernier point, et il vaut pour tout le monde : mentionner un niveau d’orthographe sur son CV n’a d’intérêt que si vous pouvez le prouver. Un score de certification récent se cite ; une ligne « excellente maîtrise du français » sans support ne convainc personne, surtout si la lettre qui l’accompagne contient trois fautes.

Une lettre plus courte est une lettre plus facile à relire

La plupart des fautes que je corrige se nichent dans des phrases qui n’avaient aucune raison d’être écrites.

Comment éviter les longueurs inutiles dans sa lettre de motivation

Publié le 22 mai 2022, mis à jour le 13 août 2026. Les exemples cités viennent de ma pratique de cabinet et sont anonymisés.

Sources : Projet Voltaire, présentation du Certificat Voltaire ; décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 relatif à la participation obligatoire du titulaire du compte personnel de formation (application au 2 avril 2026) ; moncompteformation.gouv.fr pour la vérification d’éligibilité.

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