La validation des acquis de l’expérience (VAE) comme outil de réorientation

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Réorientation professionnelle

Pendant des années, j’ai dû commencer mes rendez-vous VAE par la même mauvaise nouvelle : sans un an d’expérience en lien avec le diplôme visé, la porte restait fermée. Cette condition n’existe plus. La réforme lancée par la loi du 21 décembre 2022 a ouvert le dispositif à toute personne, quel que soit son parcours, et l’ensemble de ses dispositions s’applique à tous les parcours depuis le 1er janvier 2025. C’est le changement le plus important qu’ait connu la validation des acquis depuis sa création.

La réponse directe : la validation des acquis de l’expérience permet d’obtenir un diplôme, un titre professionnel ou des blocs de compétences en faisant reconnaître ce que vous avez appris en travaillant, sans repasser par la formation. Depuis la réforme, aucune durée minimale d’expérience n’est exigée, l’inscription se fait sur le portail public France VAE, et l’accompagnement peut démarrer avant même l’examen de recevabilité.

En bref

  • La VAE n’est pas une formation : c’est une procédure de reconnaissance, avec un dossier et un jury.
  • L’expérience prise en compte inclut le bénévolat, l’activité syndicale et le rôle d’aidant, pas seulement le salariat.
  • Les salariés disposent d’un congé de VAE de 48 heures, contre 24 auparavant.
  • Une VAE peut être partielle : le jury valide alors certains blocs et vous laisse un délai pour compléter.

Ce que la réforme a réellement changé

Les évolutions ne sont pas cosmétiques : elles modifient qui peut entrer dans le dispositif et à quel moment l’accompagnement démarre. Voici les points sur lesquels un candidat renseigné avant 2024 se trompe encore aujourd’hui.

Point Avant la réforme Depuis la réforme
Durée d’expérience exigée Au moins un an en lien avec la certification Aucune durée minimale
Point d’entrée Chaque certificateur, avec ses propres formulaires Portail public unique France VAE
Accompagnement Après la décision de recevabilité Possible dès l’entrée dans le parcours
Objet de la demande La certification entière Certification complète ou un ou plusieurs blocs de compétences
Congé VAE des salariés 24 heures 48 heures

La possibilité de viser des blocs de compétences mérite qu’on s’y arrête. Elle rend le dispositif utilisable par des gens qui, jusque-là, renonçaient parce que la certification complète leur paraissait hors de portée. Valider deux blocs sur quatre reste un gain réel et inscriptible sur un CV.

Le parcours, étape par étape

La procédure est aujourd’hui plus lisible qu’avant, mais elle reste exigeante. Voici l’enchaînement réel, celui que je décris à mes candidats avant qu’ils se lancent.

  1. Choisir la certification et vérifier qu’elle est enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles. C’est le point de départ, et c’est là que tout se joue.
  2. S’inscrire sur France VAE et, si vous le souhaitez, demander un accompagnement dès cette étape.
  3. Constituer le dossier de faisabilité soumis à l’examen de recevabilité, dont le délai d’instruction est encadré par le décret de décembre 2023 et court sur environ deux mois.
  4. Rédiger le dossier de validation, la partie la plus lourde : vous y décrivez des situations de travail réelles et les compétences qu’elles mobilisent.
  5. Passer devant le jury, qui se réunit dans les mois suivant le dépôt du dossier et décide d’une validation totale, partielle, ou d’un refus.

Ce que la VAE coûte, et qui peut la financer

La VAE elle-même a un coût : frais de dossier du certificateur, accompagnement, parfois modules complémentaires demandés par le jury. Ces frais sont mobilisables sur le compte personnel de formation, un décret de juillet 2025 ayant précisé les conditions d’éligibilité des actions de VAE à ce financement.

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Deux précisions utiles avant de monter votre dossier. D’une part, la participation forfaitaire du titulaire du CPF est passée à 150 € le 2 avril 2026, avec des exonérations notamment pour les demandeurs d’emploi et les salariés qui bénéficient d’un abondement de leur employeur. D’autre part, un employeur peut prendre en charge tout ou partie de la démarche dans le cadre de son plan de développement des compétences, ce qui reste la voie la plus confortable quand la certification visée sert aussi l’entreprise. Si votre projet dépasse le seul cadre de la VAE, l’ensemble des solutions de financement d’une réorientation professionnelle mérite d’être comparé avant de choisir.

À qui la VAE ne convient pas

Il faut le dire clairement, parce que le dispositif est souvent présenté comme une solution universelle depuis la réforme. La VAE ne convient pas si votre expérience ne recoupe pas les compétences du référentiel visé, quelle que soit sa durée. La suppression de la condition d’un an n’a pas supprimé l’exigence de cohérence avec le référentiel : c’est précisément ce que vérifie l’examen de recevabilité.

Elle convient mal, également, à ceux qui cherchent à apprendre un nouveau métier. Une VAE reconnaît ce que vous savez déjà faire ; elle ne l’enseigne pas. Pour un vrai changement de domaine, la formation ou l’alternance restent les bonnes portes d’entrée.

La VAE ne raconte pas ce que vous avez fait, elle prouve ce que vous savez faire. C’est la différence entre un CV et un dossier de validation.

Pourquoi les candidats abandonnent en cours de route

Ce que j’observe le plus souvent, ce ne sont pas des refus de jury. Ce sont des abandons, presque toujours au moment du dossier de validation.

La raison est simple : ce dossier ne se rédige pas comme un CV. Il demande de décrire des situations de travail précises, avec le contexte, les décisions prises, les difficultés rencontrées et le résultat obtenu. C’est un exercice d’analyse de sa propre pratique auquel personne n’est préparé, et qui prend beaucoup plus de temps que prévu.

Deux réflexes limitent fortement le risque. Le premier : demander l’accompagnement, désormais possible dès l’entrée dans le parcours, plutôt que de s’y résoudre après trois mois de blocage. Le second : ouvrir un carnet dès le premier jour et y noter les situations de travail au fil de l’eau, pendant qu’elles sont fraîches. Reconstituer six ans de pratique de mémoire, à la veille d’une échéance, est le meilleur moyen de renoncer.

Peut-on faire une VAE en étant demandeur d’emploi ?

Oui. Le dispositif est ouvert quel que soit le statut, et les demandeurs d’emploi figurent parmi les publics exonérés de la participation forfaitaire du CPF. Un accompagnement peut par ailleurs être mobilisé avec France Travail.

Que se passe-t-il en cas de validation partielle ?

Le jury indique les blocs ou les compétences manquants et vous disposez d’un délai pour les compléter, par une nouvelle présentation ou par une formation ciblée. Une validation partielle n’annule pas ce qui a déjà été acquis.

Le bénévolat compte-t-il comme expérience ?

Oui. Les activités bénévoles, syndicales, électives ou de proche aidant sont prises en compte au même titre que l’activité salariée, dès lors qu’elles ont mobilisé des compétences en lien avec la certification visée.

La VAE n’est qu’une brique de votre projet

Une certification obtenue sans plan derrière ne change rien à une carrière. Poser le calendrier, les étapes et les points d’arrêt de votre réorientation est le travail qui précède tout le reste.

Construire un plan d’action pour sa réorientation professionnelle

Publié le 26 janvier 2026, mis à jour le 4 août 2026. Les conditions d’accès, les délais et les règles de financement évoluent régulièrement : vérifiez-les sur le portail France VAE et sur Mon Compte Formation avant d’engager votre démarche. Cet article donne une information générale et ne remplace pas l’avis d’un conseiller en évolution professionnelle.

Sources : loi n° 2022-1598 du 21 décembre 2022 relative au marché du travail ; décret n° 2023-1275 du 27 décembre 2023 relatif à la validation des acquis de l’expérience ; décret n° 2024-332 du 10 avril 2024 (jury et congé de VAE) ; décret n° 2025-663 du 18 juillet 2025 (éligibilité des actions de VAE au compte personnel de formation) ; décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 (participation forfaitaire du titulaire du CPF).

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